Les résultats de la Grande enquête Dinan 2032
Lancée en janvier 2025 par le collectif Dinan Diver’Cité, cette initiative citoyenne a pour objectif de recueillir les attentes, les besoins et les idées des Dinannaises et des Dinannais pour penser l’avenir de notre ville à l’horizon 2032, à la fin du prochain mandat municipal.
Pourquoi Dinan 2032 ?
Nous sommes un collectif de citoyens et de citoyennes engagés pour des valeurs de solidarité, d’écologie, d’égalité et de justice, à Dinan.
Nous avions l’impression qu’un certain nombre de décisions étaient prises sans nous, sans les citoyennes et les citoyens, sans prendre le temps de donner la parole et d’écouter. Depuis 4 ans, dans l’opposition au conseil municipal, les élus du groupe Dinan Diver’Cité entendent qu’il n’y a pas d’alternative, que les décisions sont prises parce qu’elles doivent nécessairement l’être.
Alors nous avons voulu demander aux personnes qui habitent, qui travaillent, qui se rendent régulièrement à Dinan, ce qu’ils et elles voulaient pour la ville dans quelques années, en 2032, à la fin du prochain mandat municipal.
Notre méthodologie
Nous avons construit une Grande enquête, à la fois en ligne et en papier, que nous avons voulu la plus partagée, et nous l’avons construite sans a priori. Nous nous sommes entourés pour le faire et nous avons regardé ailleurs ce qui s’était fait en la matière.
Cela a donné un questionnaire en ligne, accessible du 13 janvier au 28 mai dernier, et un questionnaire papier. Nous avons diffusé ce questionnaire largement, par des affiches, dans la presse, sur les réseaux sociaux, au-delà de nos cercles habituels.
Nous avons également mis en place chaque mois des rencontres citoyennes dans les différents quartiers de Dinan, pour aller à la rencontre des habitantes et des habitants.
Nous avons été très surpris des résultats, avec plus de 1000 personnes touchées par l’enquête, qui l’ont complétée partiellement ou entièrement, qui ont rendu l’enquête papier, qui nous ont écrit.
Parmi ces répondants, plus de 50% habitent à Dinan ou Léhon depuis plus de 10 ans, créant a une répartition égale entre les habitants plus anciens et plus récents.
Pour les répondants à l’enquête en ligne, 41,2% ont entre 40 et 60 ans, 38,1% ont moins de 40 ans et 20,7% ont plus de 60 ans.
Dans quelle ville souhaitons-nous vivre en 2032 ?
Pour donner vie aux enseignements de la Grande enquête, nous avons imaginé la ville telle que voulue par les répondantes et les répondants. Vous pouvez accéder aux résultats complets de l’enquête en complétant le formulaire tout en bas de cette page.
Dans une ville agréable et accessible
Dinan est d’abord reconnue par ses habitant·es pour la qualité de son cadre de vie, son patrimoine exceptionnel et la richesse de ses commerces de proximité. Ces atouts sont largement cités dans les réponses comme des points forts à préserver et renforcer. 78 % des répondants valorisent le patrimoine historique, 67 % saluent la présence de commerces utiles au quotidien et 70 % soulignent la qualité du cadre de vie. Ces éléments doivent être consolidés et réinvestis dans une ville qui reste à taille humaine, vivable, accessible et animée pour toutes et tous.
La Grande enquête révèle aussi une inquiétude majeure face à la crise du logement à Dinan. Sur une échelle de 0 à 10, l’accès au logement est noté à peine 4,3/10, la plus faible des thématiques évaluées. Près de 40 % des répondants ayant cherché à se loger ont rencontré des difficultés, évoquant un manque d’offres, des loyers trop élevés et une pression touristique via les meublés de type Airbnb. Les participants pointent également un urbanisme aux règles et aux développements parfois subis, un patrimoine insuffisamment valorisé et une ville jugée “trop minérale” par de nombreux habitants. Plus de la moitié des répondants, 51%, demandent davantage d’espaces verts.
Les enjeux d’accessibilité, trottoirs inadaptés, centre-ville peu praticable pour les personnes à mobilité réduite, sont aussi largement relevés. Le droit à la ville pour tous est devenu une attente transversale, partagée par les plus jeunes comme les plus âgés.
Dans une ville apaisée aux déplacements adaptés
La mobilité est un défi quotidien pour les habitants. La note moyenne attribuée aux transports est de 6,1/10, et plus de 43 % des répondants citent les mobilités comme une priorité. Les critiques sont nombreuses : bus trop rares, absence de desserte le dimanche, réseau insuffisant, manque de continuité cyclable, embouteillages, saturation. La saturation automobile en centre-ville et les effets sur la qualité de l’air sont dénoncés dans toutes les tranches d’âge. Les habitants réclament aussi de meilleures liaisons avec les gares de Dol, Rennes et Saint-Brieuc.
En miroir, la transition écologique est plébiscitée : à la question À quel point la commune devrait-elle investir dans des projets écologiques ?, la réponse est de 7,2/10. Plus de la moitié des répondants soutiennent le développement des mobilités douces, l’éclairage public économe ou encore les jardins partagés. Le message est clair : Dinan doit organiser ses mobilités autour des gens qui y vivent et qui s’y rendent, non plus autour de la seule voiture.
La mise en place de parkings relais, couplés à un système de navettes gratuites ou à bas coût, revient dans les contributions ouvertes. Elle répond à une double attente : d’un côté, soulager le centre-ville saturé par la voiture individuelle ; de l’autre, faciliter l’accès à Dinan pour les habitants des communes alentour. Cette solution pourrait servir à organiser les flux liés au tourisme, aujourd’hui concentrés aux mêmes endroits, sans concertation avec les usages quotidiens des habitantes et des habitants.
Dans une ville accueillante pour les jeunes et les familles
36% des répondants indiquent qu’il faut améliorer en priorité les offres pour les jeunes à Dinan. Les témoignages pointent un manque d’activités accessibles, de lieux de rencontre adaptés, et d’espaces pour se retrouver en sécurité. Des jeunes considèrent que rien n’est fait pour eux à Dinan : ces voix appellent à un changement de cap. Les familles expriment aussi des besoins non satisfaits : davantage d’aires de jeux, d’activités culturelles et sportives pour les enfants, en intérieur comme en extérieur. Les équipements sont parfois jugés mal répartis ou inadaptés, on signale notamment le manque de bancs. On retrouve notamment un sujet majeur autour des transports scolaires et de lieux d’accueil pour les jeunes et toutes les générations. Ce besoin d’inclusion des jeunes et des familles traverse toutes les générations.
Le logement est souvent abordé comme un sujet « jeune » (marché pas accessible, départ des jeunes actifs, tension locative). Mais l’enquête montre qu’il inquiète toutes les tranches d’âge : familles, personnes âgées, actifs, commerçants (pour loger les saisonniers). Des seniors évoquent la difficulté à se reloger plus petit, ou l’impossibilité pour leurs enfants de rester dans la commune. C’est un sujet intergénérationnel.
Dans une ville de sport et de culture
La culture et le sport apparaissent comme les piliers essentiels d’une vie digne, mais fragilisés à Dinan. Côté culture, bien que l’offre actuelle obtienne une note honorable de 7/10, 85 % des répondants souhaitent davantage d’événements. Les demandes sont précises : une salle de concert, une bibliothèque ouverte le dimanche. Côté sport, la note moyenne est de 7,4/10, et on peut s’en féliciter avec un tissu associatif très riche, mais certaines réponses font état d’équipements parfois vieillissants ou inadaptés à la demande.
On relève dans l’enquête avec de nombreuses réponses ouvertes indiquant que la vie culturelle à Dinan gagnerait à être animée toute l’année, et pas seulement en saison touristique. Plus de 61% des répondants sont favorables à davantage d’événements culturels et sportifs tout au long de l’année. Cela suppose aussi de mieux utiliser les lieux existants, de créer de nouveaux espaces partagés, et de faire place à une programmation plus variée, accessible et fédératrice.
Dans une ville sûre et solidaire
Seulement 18,5% des personnes interrogées considèrent que Dinan est bien dotée du point de vue de la santé. Les habitants expriment leurs inquiétudes : manque de médecins, délais trop longs, fermeture de la maternité en 2020. Ces préoccupations sont très fortes chez les plus de 60 ans, mais aussi chez les familles avec enfants qui sont inquiètes pour l’avenir.
Le sentiment de sécurité atteint 7,2/10 en moyenne, mais masque des tensions réelles exprimées dans les contributions libres. 31 % des répondants citent la sécurité comme une priorité. Certaines personnes disent ne pas se sentir tranquilles dans certains quartiers le soir. Les plus âgés réclament une présence renforcée de la police municipale, et des actions de prévention. Au-delà de la sécurité, la propreté de l’espace public est saluée avec une moyenne de 7,5/10, mais on note des disparités en fonction des quartiers. La solidarité passe aussi par des politiques concrètes avec des idées précises citées notamment autour de la lutte contre l’isolement avec un rôle important des associations, et une présence accrue des services publics. Ces attentes dessinent une ville plus humaine, plus attentionnée.
Dans une ville qui implique ses habitants
Les associations sont le cœur battant de la vie sociale, culturelle et sportive de Dinan. Pourtant, l’enquête dédiée montre des tensions dans leur relation avec la mairie. De nombreuses structures interrogées, déplorent l’absence de consultation réelle et un manque de reconnaissance de leur expertise de terrain. La note moyenne de 6,6/10 sur les moyens mis à disposition par la Ville traduit une satisfaction en demi-teinte. “Nous ne sommes pas écoutés”, “nous manquons de visibilité et de soutien”.
Par ailleurs, de nombreux citoyens soulignent leur envie d’être associés aux décisions et mieux informés. Ils réclament plus de transparence, de concertation et de communication sur ce qui est fait. En résumé, on veut pouvoir s’impliquer dans la ville à chaque moment de l’année, et se sentir entendu.